• Pas le temps ?

    Voici qu’arrive la fameuse remarque qui sert à évacuer un sujet gênant :  « Pour préparer sa retraite avant d’y être, Il faut du temps, et du temps, avant la retraite, on n'en a pas. »

    D’accord. Enfin, pas vraiment.

    Si vous êtes concerné, cela fait au moins cinquante ans que vous foulez la planète. Vous avez déjà appris qu’il est impossible de trouver du temps pour quelque chose qu’on n’a pas envie de faire. Oh, on veut bien le faire, croit-on, ou plus exactement, on voudrait bien que ce soit fait. Et chaque fois qu’on s’attelle à la tâche, on se retrouve en train de faire autre chose. Jusqu’à ce qu’on trouve la raison qui nous bloque, et qui est souvent bien cachée.

    Voyons.

    Admettons que vous ayez les éléments suffisants pour à réfléchir à votre vie d’après boulot vers … 55 ans. Selon les règles en cours, votre départ en retraite peut avoir lieu à 62 ans. Vous avez donc la possibilité d’y penser pendant au moins 7 ans.

    Sur cette période, il peut y avoir des priorités : le boulot, les enfants, la santé, le logement, …

    Mais il est rare que sur 7 années, il soit réellement impossible de trouver du temps pour des questions aussi importantes que celles qui vont conditionner le reste de votre vie.

    Connaissez-vous l’histoire du pot et des cailloux

    Êtes-vous certain d’avoir bien choisi les gros cailloux qui remplissent votre pot ? Ou au moins les petites pierres ? Elles peuvent changer en fonction des phases de votre vie, saviez-vous ?

    Vous pensez que s’occuper de son boulot à fond et jusqu’au bout est le plus important ? Je ne dirais jamais le contraire.

    Toutefois, que diriez-vous à un sportif qui s’entrainerait à sauter jusqu’à la barre, mais pas à se recevoir en redescendant ?

     

    En fait, jusqu’à présent, vous étiez entrainé pour effectuer un triathlon. On vous avait expliqué comment être un bon enfant, un bon jeune apprenti ou étudiant, un bon adulte partagé entre travail et famille jusqu’à son optimum. Pour ces trois phases de vie, vous aviez tous les conseils, toutes les informations nécessaires. Ensuite, hé bien, ensuite, … ce n’était plus important. Vous aviez franchi la barre, n’est-ce pas ?

    Et voilà que vous vous retrouvez engagé dans un pentathlon. Franchir la barre ne suffit plus.  Il vous reste encore à être un bon senior (« troisième âge » 60-80 ans), et un bon ancien (« quatrième âge » >80 ans). Et là, le peu qu’on vous a appris n’est plus valable. Le monde a changé. Il vous faut tout découvrir par vous-même. Pire, il vous faut d’abord désapprendre, en cette époque où le jeunisme est porté aux nues. Pourtant, c’est important. Pour vous-même bien sûr, mais aussi pour ceux qui suivent et qui regardent vivre leurs aînés.

    Connaissez-vous « la danse des grands-mères » ? C’est un petit ouvrage qui explique, entre autres, combien il est important pour les jeunes femmes de voir qu’une vieille femme peut vivre heureuse, avec son âge, avec ce qu’elle a vécu. Elles y trouvent courage et espoir. Croyez-vous que les jeunes hommes qui ont la chance de voir un vieux ou un très vieux impliqué et souriant soient différents ?

    Si vous avez eu, ou avez, vous-même, un parent, un modèle, qui vous a montré la voie, vous avez sans doute déjà des idées sur ce que vous ferez. Ou ne ferez pas.

    Dans tous les cas, il vous reste à réfléchir, à imaginer, à préparer. Et à vous donner le temps nécessaire.

     

    ******************** 

    « La retraite, c’est quoi pour vous ?Table des matières »
    Partager via Gmail