• Prévenir l’isolement

    Essayons une analogie …

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    Vous avez peut-être déjà rencontré dans votre entourage une personne qui entendait mal et qui préférait attendre avant de porter un appareil.

    Le temps a passé et cette personne a persisté dans son choix, que ce soit pour des raisons financières, esthétiques ou autres. Puis est venu le moment où elle n’a plus eu le choix, et où elle a été appareillée.

    Habituée depuis des mois, voire des années, à peu entendre, n'a-t-elle pas éprouvé de véritables difficultés à accepter un niveau sonore normal ?

    Elle s’en est plainte : « C’est trop fort », « il y a trop de bruit », "ça me fait mal", … Elle retirait souvent son appareil, et elle a pu aller jusqu'à se décourager de l'utiliser.

    Que s’est-il passé ?

    Son cerveau avait perdu l’habitude de filtrer ou d’occulter un grand nombre de bruits d'ambiance, dont elle n'avait pas ou peu conscience lorsque son ouïe allait bien.

    Cette perte de capacité s’est faite en douceur, au fur et à mesure que son audition diminuait. Elle n’en avait plus besoin et peu à peu, son cerveau l’a désappris.

    Certains feront l’effort de réapprendre. Pour d’autres, ce sera plus dur.

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    Pourquoi cette analogie ?

    Quand vous travaillez, quand vous êtes actif, vous êtes chaque jour habitué à interagir, à être partie prenante avec nombre de personnes.

    Autour de vous circulent des idées que vous approuvez, d’autres qui vous plaisent moins, certaines qui vous étonnent, d’autres encore qui vous sont indifférentes.

    Vous y êtes habitué. Vous savez comment agir ou réagir. Vous y puisez souvent des découvertes, des nouveautés, des nouvelles d’ordre général. 

    Puis vous partez en retraite. Vos fréquentations changent. Elles peuvent diminuer. Parfois, elles vont se restreindre à votre famille, aux gens qui vivent près de vous, à quelques amis que vous préférez.

    Si vous n’y faites pas attention, les idées, les convictions et les réactions qui vont circuler autour de vous vont se réduire à celles de vos proches. Voire au vôtres et à celles de votre conjoint.

    Si vous ne prenez pas le problème à bras le corps dès le départ, peu à peu, vos capacités d’écoute, de tolérance, de compréhension (ou d’indifférence polie !) vont se réduire. Il vous deviendra de plus en plus difficile de comprendre et de dialoguer avec qui ne s’adapte pas à votre façon de penser.

    Cela peut aller jusqu’à une attitude d’isolement que vous subirez plus que vous la choisirez.

    Quand ils s’en apercevront, certains feront l’effort de réapprendre, de se replonger volontairement dans le maelstrom de différences, de nouveautés, de bizarreries qui sont le lot quotidien des esprits ouverts. Pour d’autres, ce sera plus dur.

    Si c’est déjà difficile pour vous aujourd’hui (Vous comprenez moins vite ? Certains termes vous sont inconnus ? Vous avez moins de patience ?), imaginez comme cela vous serait pénible dans quelques mois ou quelques années, si vous ne vous efforcez pas à vous entretenir régulièrement.

    Alors, n’hésitez pas. Anticipez tant que votre cerveau maîtrise les capacités acquises. Organisez-vous en conséquence. Rencontrez et discutez avec des gens variés. Investissez-vous. Tenez-vous au courant. Gardez une place active.  Tous les jours !

     

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