• Retraite égale ruptures

    Voilà un titre un peu brutal, qui n’a pas pourtant pour objectif de miner le moral de futurs retraités.

     

    Certes, les ruptures sont souvent pénibles par les changements auxquels elles obligent. Mais elles peuvent être de remarquables opportunités lorsqu’on les accompagne, ou quand on les vit en pleine conscience. A l’opposé, elles peuvent se révéler dramatiques ou épuisantes si elles ne sont pas anticipées et simplement subies.

     

    D’où l’intérêt de savoir, de comprendre ce qui va être vécu, afin de s’y préparer autant que possible.

     

    Partir en retraite va de pair avec trois grandes ruptures :

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    Rupture dans la vie quotidienne : votre corps et votre esprit sont habitués depuis des décennies à un rythme, à des relations sociales professionnelles (collègues, chefs, administratifs,…).

    Pour la plupart des retraités, ce rythme et ces relations vont s’arrêter assez brutalement. Du jour au lendemain, pour certains.

    Sur le coup, cela peut faire du bien (adieu boulot-métro-dodo !), et on peut être tenté de décompenser brusquement (les cahiers au feu et la maitresse au milieu !). Mais une fois la première période de repos achevée, ceux qui n’auront pas anticipé peuvent se retrouver face à des vides très pénibles.

    Si vous y pensez, si vous vous préparez pour mettre rapidement en place un nouveau rythme, de nouvelles rencontres, que vous aurez choisis vous-même, en fonction de vos goûts, de vos besoins et de vos possibilités, cette rupture se transformera en vrai choix de nouvelle vie.

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    Rupture dans la vie personnelle : dans votre travail, vous aviez un rôle, une place. Vous aviez peut-être des responsabilités, ou une compétence reconnue. Vous connaissiez votre position par rapport à vos collègues. Très souvent, cette position définissait également la place que vous occupiez à l’extérieur, face à vos voisins, aux membres de votre famille, à ceux que vous rencontriez à tous moment.

    Perdre cette position, c’est devoir en définir une autre, avec toutes les remises en cause que cela implique.

    Alors bien sûr, on peut choisir le déni et essayer à toute force de maintenir son ancienne place le plus longtemps possible, comme si rien ne s’était passé. Rester chez soi, chercher dans les yeux des autres l’image de ce qu’on était.

    On peut aussi, chacun à sa façon, se tourner vers le vrai présent et le futur, en se définissant des raisons de vivre, des objectifs. Et se construire un nouveau rôle. Qui sait ? Vous vous connaissez mieux, vous avez plus d’expérience : votre nouveau rôle vous correspondra peut-être mieux que celui que vous aviez été obligé d’endosser pendant votre vie professionnelle.

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    Rupture dans votre couple : si vous êtes en couple depuis longtemps, vous et votre conjoint fonctionnez beaucoup par habitudes. Vous vous êtes rôdés avec votre rythme travail- week-end, vous y avez trouvé des équilibres réciproques, et vous pensez, l’un comme l’autre, bien vous connaître.

    Votre retraite va faire voler en éclats ces équilibres, ces habitudes.  Vivre à deux le soir et en fin de semaine n’a rien à voir avec vivre à deux chaque jour. Les espaces personnels que vous vous étiez construits vont devoir être redéfinis.

    Les envies que vous avez ne sont pas forcément celles de votre conjoint(e). Vous vous sentez en forme, il ou elle se sent peut-être fatigué(e). Vous voulez voyager, mais partage-t-il (elle) le même souhait ? Vous voulez tout partager, mais il (elle) voudrait avoir des activités seul(e). Vous vous voyez à la campagne, lui (elle) vote pour les facilités citadines.

    Il va vous falloir re-négocier les besoins, les désirs de chacun. Ce serait bien étonnant qu’il n’y ait aucun désaccord, et il faudra discuter, échanger, faire des remises en cause, réfléchir à des concessions.

    Mieux vaut en parler bien à l’avance, quand ni l’un ni l’autre n’est encore fragilisé par les ruptures d’un départ en retraite.

    Cette rupture-là n’est pas plus facile que les deux premières, mais elle porte elle aussi une vraie chance : celle de pouvoir redécouvrir le regard, l’affection qu’on porte à l’autre, comme celle qu’il vous porte. Et, une fois les difficultés levées, pouvoir avancer, vraiment, pour un bon bout de chemin.

     

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