• Retraite : pas si simple

    Si vous arrivez bientôt à l’âge de la retraite, il est probable que vous appartenez à votre entreprise depuis de longues années ; 10 ans, 20 ans, 30 ans… Vous y avez peut-être même fait tout votre parcours professionnel.

    Depuis des décennies, donc, vous appartenez à un groupe. Vous y évoluez, entouré(e) de collègues qui partagent le même vocabulaire, les mêmes préoccupations, des valeurs similaires. Que vous y soyez très bien ou moins bien, c’est votre tribu : elle vous donne une identité et vous reconnait comme l’un des siens. Grace à elle, vous vous positionnez, vous savez ce que vous devez faire.

    Souvent, cette tribu vous aide et vous protège, à sa manière : il est bien rare que vous n’y trouviez pas quelqu’un pour vous assister quand vous vous heurtez à une difficulté.

    Parfois, l’appartenance se concrétise aussi par du matériel (téléphone, ordinateur, voiture…), ou des services (messagerie, mutuelle, cantine, navettes, comité d’établissement,…).

    Et voilà que le lien qui vous réunissait se brise.

    Vous vous en apercevez d'abord par de petits détails.

    Ceux qui vous entourent ont enregistré que vous ne serez bientôt plus là, et ils s’organisent en conséquence. Pour eux, le travail continue. Vous, vous resterez bientôt sur le quai, tandis que le train de l’entreprise poursuivra sa course : il y a des décisions à prendre, des projets à lancer, des travaux à continuer.

    Hier le groupe vous reconnaissait comme un des siens.

    Aujourd’hui, on vous salue avec des sentiments mitigés : certains se réjouissent pour vous, d’autres vous envient peut-être, d’autres encore pensent déjà à ce qu’ils feront demain, avec celui qui vous remplace.

    Vous débarrassez votre poste de travail, votre bureau. Vous videz votre vestiaire. Vous sauvez les adresses de messagerie que vous souhaitez garder. Vous envoyez un dernier mail pour communiquer votre nouvelle adresse. Si vous aviez un téléphone professionnel, vous sauvez vos contacts, vous vérifiez que vous avez fait tous les transferts de numéros.

    Puis vous rendez votre badge, votre ordinateur, votre téléphone.

    Que vous soyez heureux de partir ou non, il serait bien étonnant qu’à un moment ou à un autre il ne se glisse pas un moment de flottement, une incertitude dans vos projets. Que ce soit dès demain ou dans plusieurs semaines, il ne serait que très normal que vous vous ressentiez un peu perplexe d’avoir perdu votre groupe d’appartenance. Bien souvent, vous vous découvrirez un peu seul devant les choix et les démarches de votre nouvelle vie.

    Il va vous falloir retrouver un équilibre, une identité, dans un environnement que vous pensiez connaître, mais qu’il vous faut ré-apprivoiser. Être libre, c’est fantastique, mais quand on en découvre les limites, c’est aussi parfois frustrant, ou effrayant.

    Le tout est de se rendre compte qu’un peu de blues est normal. Qu’un tel changement n’est ni facile ni simple. Qu’il nécessite du temps et des choix.

    Pour retrouver sa place. Pour se redécouvrir une tribu, un groupe d’appartenance.

    Pour recréer les liens dont vous avez besoin.

    Et profiter, enfin, ou à nouveau, des années à venir !

     

    ********************

    « La retraite et le deuxième cercleAssurer les jours à venir »
    Partager via Gmail